La pression est forte, notamment de la part de la Colombie et du président Santos, pour tenter d’ancrer les avancées fragiles des accords de paix signés avec les FARC en les liant avec l’assentiment de la Wallonie au Traité de Libre commerce. Si Ecolo a bien sûr un profond respect pour le travail du président Santos et la manière qu’il a eue de faire avancer son pays vers la démilitarisation, les écologistes estiment qu’il est encore trop tôt pour signer cet accord de libre échange.

En effet, dans le texte actuel, ni le traitement des plaintes ni la mise en application des droits sociaux, des droits humains et de la protection de l’environnement ne sont des éléments contraignants et passibles de sanctions en cas de non respect. Cette faiblesse est de la responsabilité des deux parties, et certainement des Etats membres de l’Union Européenne qui n’ont pas inscrit ces exigences fortes dans le mandat de négociation accordé à la Commission. Et les conséquences sont graves sur le terrain.

Concernant la Colombie, de nombreuses voix s’élèvent pour alerter sur le fait que de tels accords, à l’heure actuelle, mettent de l’huile dans les rouages du conflit armé en libérant les mouvements de capitaux et en favorisant les investissements étrangers dans un pays où les inégalités sociales sont profondes, où les acteurs de la paix font l’objet d’assassinats ciblés -leur nombre a doublé cette dernière année- et où les dividendes de la paix ne sont pas encore stabilisés. La situation est également interpellante dans le cas du Pérou, où une plainte a été déposée par les ONG et la société civile auprès de la Commission européenne suite au refus de mettre en place un suivi de l’accord avec ces dernières.

« Le texte actuel n’est pas prêt à être signé. Et à plusieurs reprises, le cdH s’était engagé à attendre les suites réservées à cette plainte avant de donner son accord sur le traité. Or, ce mercredi au Parlement de Wallonie, le cdH a indiqué vouloir consulter la Commission européenne pour s’assurer qu’une signature de l’accord n’allait pas entraver la poursuite de l’instruction de cette plainte », commente Hélène Ryckmans, députée wallonne Ecolo. « Le cdH s’apprête donc ainsi à signer le Traité en reniant ses positions en matière de droits humains, de la même façon qu’ils ont changé d’avis sur les traités de libre échange en général depuis qu’ils gouvernent avec le MR. Pour nous, c’est clair, il est trop tôt pour signer cet accord de libre-échange, les conditions de base sont loin d’être réunies », conclut la députée wallonne.

Les échanges en commission ce 6 juin sont accessibles : http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2017_2018/CRAC/crac160

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