Après plus de deux ans d’attente, le dernier bilan de santé de la Wallonie est enfin sorti. Il en ressort des conclusions en demi-teinte.

En effet, parmi les indicateurs en progrès :

  • qualité de l’air ;
  • qualité de l’eau de consommation ;
  • gestion des déchets ;
  • développement de l’agriculture biologique ;
  • augmentation de la consommation des produits issus de l’agriculture biologique.

Mais dans le même temps, des indicateurs restent inquiétants alors qu’ils sont essentiels dans la bonne santé de notre Région, et donc, de ses habitants :

  • étalement urbain, qui augmente les déplacements et donc les gaz à effet de serre (+28 % entre 1990 et 2014) ;
  • recul de la nature (notamment via la dégradation de sites Natura 2000) ;
  • menaces d’extinction de plus d’un tiers des espèces suivies (papillons, libellules, reptiles et poissons en particulier) ;
  • disparition de plus de la moitié des oiseaux en 25 ans.

 

Pour Ecolo, il faut agir. Et c’est possible ! Il existe en effet des solutions pour chacun de ces enjeux, en stoppant l’étalement urbain et donc en optimisant notre occupation du territoire ; en utilisant des modes de transport moins polluant et en réduisant notre recours à la voiture individuelle ; et en limitant l’utilisation des pesticides.

En effet, en pensant autrement notre territoire et la façon dont nous l’occupons, nous pouvons agir sur nos déplacements et donc, sur le type de mobilité dont nous avons besoin. La lutte contre l’étalement urbain, la sortie du ‘tout à la voiture’ ou la fin des commerces périurbains (c’est-à-dire autour des villes) doivent devenir réalité.

Pour ce faire, Ecolo propose de fixer des objectifs concrets en matière de logement pour répondre au défi démographique et localiser ces logements près des services et des moyens de transports publics. « Il faut déterminer là où il faut construire des logements pour faciliter les déplacements de leurs habitants vers leurs activités quotidiennes, en utilisant le moyen de transport adéquat, de préférence en commun pour réduire les émissions de gaz et la pollution. C’était le fondement du projet du SDER – Nouveau Schéma de Développement Régional – que j’ai porté en 2013, » précise le député wallon Ecolo Philippe Henry.

En matière de mobilité, les chiffres du rapport de l’état de l’environnement wallon coïncident avec ceux du Bureau du Plan: à politique inchangée, le trafic augmentera de 22% d’ici 2030, diminuant la vitesse moyenne de 24% aux heures de pointe1. Pour inverser réellement la tendance, il est clair qu’il faut changer de politique. Ecolo relance donc sa proposition d’investir massivement dès 2018 dans le développement des infrastructures (sites propres, parkings P+R, intermodalité, …), autant pour augmenter l’attractivité des transports en commun que pour encourager la pratique des modes actifs de déplacement.

Enfin, en termes de préservation de notre patrimoine naturel, Ecolo veut continuer de relancer la création de réserves naturelles en Wallonie. Jusque là, les écologistes ont été éconduits, mais ils ne désarment pas.

Les pesticides notamment sont à l’origine de l’appauvrissement des sols et abîment la biodiversité. Or, ils ne sont pas indispensables à notre agriculture. « L’agriculture a produit pendant des milliers d’années sans pesticides. Il est possible de développer un autre modèle, via le bio et l’agro-écologie. Tout le monde y gagnerait, y compris les agriculteurs eux-mêmes, qui gagneraient mieux leur vie et qui protégeraient également leur propre santé. « Les bénéfices de ce nouveau modèle sont nombreux, notamment de coûts, qui seront drastiquement réduits, par exemple au niveau des engrais ou des investissements techniques importants. Ce type d’agriculture apporte une plus-value au niveau des produits, en même temps qu’un regain de la biodiversité en Wallonie et constitue un plus pour la santé des Wallon·ne·s. Le défi se situe dans l’agriculture conventionnelle et l’enjeu politique est d’en soutenir la transition », indique Hélène Ryckmans, députée wallonne Ecolo.

Enfin, Ecolo appelle le Gouvernement MR-cdH à reconsidérer la suppression de la cellule autonome d’avis sur le développement durable. Cette dernière, créée en 2013 par la coalition Ecolo-PS-cdH, visait à prendre en compte les enjeux climatiques et écologiques de façon systématique pour chaque décision gouvernementale, en évaluant leur impact concret. « Cette cellule avait déjà été mise à mal par le Gouvernement suivant, PS-cdH, qui avait rendu sa consultation facultative. Le nouveau Gouvernement MR-cdH achève le travail en la supprimant purement et simplement. Alors que tous les partis se targuent de faire de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité, on ne peut que constater que les actes ne suivent pas. Et que plusieurs politiques écologistes qui avaient été mises en place lors de leurs participations gouvernementales sont petit à petit démantelées. Ce n’est clairement pas en supprimant les avis sur la conformité au développement durable des décisions du Gouvernement wallon que celui-ci se donne les outils pour prendre des décisions cohérentes et durables », conclut Philippe Henry.

1 Bureau du Plan, 2016.

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