Image illustrant le budget wallon, via une image du Parlement wallon.Les débats relatifs au budget wallon 2019 se clôturaient les 29 et 30 novembre, en séance plénière du Parlement de Wallonie.

Au-delà des chiffres et des tableaux, le budget est également une occasion de prendre la mesure du contenu véritable de la politique d’un Gouvernement.

Pour Ecolo, ce nouveau budget s’apparente surtout à un budget de campagne. « Le budget qui nous est présenté comporte en effet un certain nombre d’annonces voulues comme positives, mais lorsqu’on en analyse le contenu, bon nombre de ces annonces ne se concrétiseront pas », commente Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement de Wallonie.

«Plus encore, il est symptomatique de constater que ce nouvel exercice budgétaire passe à nouveau à côté des enjeux climatiques, mais également des défis à relever en termes de mobilité, de logement, de justice fiscale… », poursuit Stéphane Hazée.

Ecolo constate par exemple que le Gouvernement prélève cette année un montant de près de 100 millions € sur les fonds budgétaires, qui sont principalement destinés aux politiques environnementales. Pour rappel, les fonds budgétaires sont alimentés par une ou plusieurs recettes spécifiques, qui doivent être affectées aux objets pour lesquels ils ont été créés. « Il y a par exemple un Fonds Energie, un Fonds Kyoto en matière de qualité de l’air et de changements climatiques, un Fonds pour la protection de l’environnement, un Fonds pour la gestion des déchets, etc. Les moyens contenus dans ces fonds pourraient par exemple accélérer les politiques d’isolation dans les logements, les bâtiments publics, le non-marchand,… et rendre ainsi possibles des économies importantes sur la facture d’énergie, ou ils pourraient également soutenir davantage le développement des collectes sélectives pour diminuer la part non valorisée des déchets et aider ainsi les citoyens à faire baisser le prix de leur poubelle », ajoute Stéphane Hazée.

« Or, dans les faits, le Gouvernement wallon utilise une part de plus en plus grande de ces montants pour combler son déficit budgétaire. Le solde mis en réserve sur ces fonds budgétaires dépasse à présent 600 millions € ! Alors que les défis environnementaux sont de plus en plus criants, ce sont les politiques environnementales qui passent à la caisse pour financer les autres choix du Gouvernement. Ce n’est pas acceptable ! Il en est de même en matière de mobilité, où la politique reste en réalité prioritairement orientée vers le réseau (auto)routier, ou en matière de biodiversité, où le Gouvernement ne fait même pas semblant. Nous constatons aussi que les politiques de solidarité restent également en rade, qu’il s’agisse du logement, de la justice fiscale ou de la lutte contre la pauvreté », regrette Stéphane Hazée.

Enfin, l’équilibre budgétaire annoncé ne sera pas atteint. Le Gouvernement multiplie les corrections SEC dans une mesure qui les rend non crédibles et qui hypothèque par ailleurs la réelle mise en œuvre d’une série de dépenses, pourtant annoncées par le Gouvernement et qui n’auront en réalité pas lieu.  « Ce budget 2019 est donc surtout un budget de campagne, au détriment des Wallonnes et des Wallons », conclut Stéphane Hazée.

Pour en savoir plus: lire l’intervention de Stéphane Hazée du 29 novembre.

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