Interpellation - Plan de restructuration des éditions de L'Avenir

Publié le 07/11/2018
Type : Interpellation

Monsieur le Ministre-Président, la liberté de la presse, l’indépendance de la presse, le pluralisme de la presse sont des éléments fondamentaux de notre démocratie, la garantie aussi des moyens qui permettent aux journalistes de faire un travail professionnel de qualité. L’annonce faite ce 23 octobre 2018 par l'actionnaire des éditions de L'Avenir d’un plan de licenciement et de restructuration qui va toucher un quart du personnel, avec, sans compter un certain nombre de décisions qui apparaissent assez irrationnelles ou prises en dépit de toute concertation avec les équipes qui font le journal, ont constitué un coup de tonnerre et une véritable tragédie pour les personnes concernées, pour l'ensemble du journal L'Avenir, une tragédie pour notre démocratie.

 

Une tragédie qui ne vient pas de nulle part puisque nous ne sommes pas ici face à Lakshmi Mittal ou à d'autres multinationales loin de nous, nous sommes ici face à une société à capitaux publics à 100 %. Ce sont donc, au bout du compte, des élus qui conduisent les choses.

 

Cette décision a fait l’objet d’un grand nombre de réactions et d'expression de solidarité, qu'il s'agisse bien sûr des journalistes, qu'il s'agisse de l'AJP, qu'il s'agisse – je m'en suis réjoui – des groupes politiques qui se sont exprimés notamment il y a 15 jours au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

Derrière cette décision, il y a d'abord un journal de qualité, un journal qui avait ses comptes dans le vert pendant des années et qui, jusqu'il y a peu, était encore un journal rentable. Derrière cette décision, il y a la gestion calamiteuse des éditions de L'Avenir depuis plusieurs années par son actionnaire avec une stratégie du pourrissement qui, peu à peu, a été mise sur pied. Le personnel d'ailleurs des éditions de L'Avenir, en front commun, avaient déjà plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme. Nous en avions d'ailleurs parlé ensemble au mois de novembre 2017 et au mois de février 2018.

 

Derrière cette décision, il y a en fait le management de Nethys qui, une fois de plus, décide seul en dehors de toute concertation avec ses actionnaires, le management qui, en fait, devrait déjà être le premier à partir, si nous reprenons les recommandations de la commission d'enquête telles qu'elles ont été adoptées à l'unanimité par notre Parlement.

Derrière cette décision, il y a aussi ce qui apparaît comme une fuite en avant lorsque l'on pense que l'on va faire davantage avec moins de moyens, davantage de contenu avec moins de journalistes. Personne n'y croit.

 

Je veux dire ici que c'est un enjeu qui concerne bien sûr tous les démocrates et chacun partagera cette appréciation. Je veux rappeler les prises de position que nous avons pu développer avec les différents groupes au sein même de ce Parlement, il y a moins d’un an, pour garantir la liberté de la presse d’abord, pour formuler l’option d’un portage régional afin de sortir L’Avenir de Nethys et de créer les conditions d'une autre perspective alternative, rationnelle, concertée avec les équipes du journal. Nous avons eu l'occasion de vous interroger à plusieurs reprises et nous avons entendu votre ouverture à cette option et autant que votre détermination finalement par rapport aux valeurs qui sont en cause.

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