Interpellation - Scandale des sommes folles versées à l’ex-management de Nethys et Avenir des Éditions de L’Avenir

Publié le 26/11/2019
Type : Interpellation

Interpellation sur le scandale des sommes folles versées à l’ex-management de Nethys


 Monsieur le Ministre, une nouvelle fois, l'ensemble de la Wallonie a été écœuré par le scandale Nethys et par la mise au jour des sommes folles perçues par quatre membres du management du Groupe Publifin Enodia Nethys. Il y a ces sommes indécentes, il y a aussi le principe de ces indemnités après tous les scandales mis au jour. Il y a la perte de tout sens moral qui se trouve là derrière. 

 

Il faut lire le rapport d'investigation - le rapport Witmeur - pour y voir la nouvelle entreprise de contournement de la législation, qui est en fait à l'œuvre derrière l'ensemble de ce mécanisme, comme nous l'avions craint à l'époque. 

 

 Pour les administrateurs de Nethys en 2018 et en 2019 - donc on est bien après le scandale, au moment où les uns et les autres cherchent à mettre en œuvre les recommandations de la Commission d'enquête - il s'agissait, pour eux, de poursuivre dans la voie des décisions indécentes qui avaient été prises par le passé, les décisions du comité de rémunération en 2014, en matière de rémunération, de bonus, d'indemnité et de tout faire pour pouvoir continuer à mettre en œuvre ces décisions, exactement à l'inverse des recommandations de la Commission d'enquête, exactement à l'inverse même des législations adoptées par ce Parlement. 

 

Il faut se rendre compte de cela pour voir à qui l'on a affaire et quelle est la mécanique qui est à l'œuvre. On a donc toujours la même logique, celle qui a fait l'objet des constats de la Commission d'enquête de toujours chercher à contourner, à nier la volonté du législateur.

 

Il faut lire aussi le rapport d'investigation pour y voir l'octroi d'une « prime de rétention » pour conserver ces managers à la tête de l'entreprise alors que c'est, à nouveau, exactement le contraire de la volonté politique telle qu'elle s'est exprimée unanimement dans ce Parlement.

 

Il faut relire le rapport de la Commission d'enquête, notamment, qui engageait le conseil d'administration de Publifin « à examiner la régularité des contrats et des rémunérations versées au comité de direction de Nethys, d'un point de vue social, du point de vue du droit des marchés publics, d'un point de vue statutaire ». On parle de l'effet rétroactif, on parle de l'annexe manquante, on parle des rémunérations variables sans objectif chiffré. Ceux qui ont suivi les travaux de la Commission d'enquête se rappelleront de tous ces éléments qui sont largement détaillés dans le rapport.

 

Je poursuis : « Et à évaluer toutes les possibilités d'action pour aboutir au remboursement des sommes illégitimement perçues et pour empêcher le maintien et/ou la mise en œuvre des deux indemnités de rupture prévues en faveur de l'administrateur délégué de Nethys ». Le conseil d'administration de Nethys a donc exactement fait le contraire de ce qui était proposé, de ce qui était recommandé, de ce qui était décidé par ce Parlement.

 

Faut-il aussi rappeler un autre extrait du rapport : « La nécessité d'écarter les personnes dont la responsabilité est engagée dans les manquements et dysfonctionnements identifiés dans le présent rapport des organes de l'ensemble des filiales du groupe Publifin » et le conseil d'administration de Nethys a à nouveau exactement fait le contraire, allant même, non seulement à conserver ces personnes à la tête de Nethys, mais même à payer pour contrer une menace ».

À nouveau, de qui se moque-t-on dans ce dossier ?

 

Monsieur le Ministre, disons-le une nouvelle fois, tout doit être fait par le Gouvernement pour casser ces décisions, pour récupérer les sommes versées et au bout du compte pour traduire ces bandits en justice et enfin restaurer l'intérêt public.

 

Depuis deux mois, des décisions majeures ont été prises, notamment à l'initiative du Gouvernement, en particulier à votre initiative, pour enfin démanteler ce système de pratiques politiques. Notre conviction profonde, notre conviction ultime, c'est qu'il faut continuer avec la même détermination pour assainir jusqu'au bout. 

(...)


Question orale sur l'Avenir des Éditions de L’Avenir


Monsieur le Ministre, la coopérative Notre avenir a été initiée il y a quelques semaines. Elle fait, depuis vendredi, appel à ses lecteurs et aux citoyens pour pouvoir donner cours à son projet et c'est évidemment une bonne nouvelle.

 

En parallèle, la nouvelle présidente de l'intercommunale Enodia, ex-Publifin, a déclaré, je la cite : « Que la sensibilité générale est que les Éditions de l'Avenir ne doivent pas rester dans le groupe et, qu'après le rapport de Renaud Witmeur, elles doivent être vendues dans une dynamique qui associe la coopérative des travailleurs ». C'est évidemment une clarification intéressante parce que, jusqu'ici, le Gouvernement s'était exprimé en ce sens quant à la nécessité de sortir Les Éditions de l'Avenir, à la suite d'ailleurs d'une motion adoptée par notre Parlement unanimement. Le Gouvernement avait également pris des engagements dans sa Déclaration de politique régionale, en ce compris portant sur l'ancrage à partir de cette coopérative associant citoyens, lecteurs, rédacteurs et garantissant un ancrage territorial au projet. On a ici la présidente de l'intercommunale qui s’aligne sur cette position et voulait la mettre en relief.

 

Dès lors, à l'occasion de cette actualité, je souhaitais aussi vous interroger sur le développement à ce sujet-là. Avez-vous des informations relatives à l'évolution du dossier ? Pouvez-vous confirmer en particulier le fait qu'il va faire l'objet d'une action très rapide ? On sait que le manager de crise a demandé un délai pour déposer le plan stratégique de l'ensemble des activités – et c'est compréhensible vu le travail de réorganisation qui est nécessaire. En même temps, il y a des dossiers urgents qui ne peuvent pas attendre cette échéance de six mois, et s’il en est un, c'est certainement celui-là. Là-dessus, avez-vous des éléments d'information quant au calendrier suivant lequel les choses se passent ?

(...)


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