Les graves inondations des derniers jours et les moyens mis en œuvre pour les éviter

Publié le 09/06/2021
Type : Question d'actualité

Mme Ryckmans – Monsieur le Ministre, de très graves inondations se sont déroulées la semaine dernière un peu  partout en Wallonie, avec des conséquences désastreuses: pour les habitants d’abord, qui ont vu leurs caves et leurs maisons inondées; pour les agriculteurs, qui perdent des récoltes; pour les indépendants, et notamment le secteur HORECA, qui avait préparé la reprise de leur restaurant ou de leur terrasse; pour les services de secours, qui ont agi toute la nuit, les services de protection civile, les pompiers,que, d’ailleurs, je souhaiterais saluer pour leur implication. Ce sont des épisodes particulièrement graves. On ne peut pas éviter la chute de pluies torrentielles, mais ces événements ont tendance à se répéter. On constate, en effet, des événements de ce type de plus en plus fréquents.

Comment faire pour les anticiper, les éviter?

On peut imaginer un certain nombre de facteurs qui entraînent et amènent ces inondations graves. Il est question des dérèglements climatiques, qui amènent des masses d’air chaud, avec des précipitations très importantes, mais aussi les pratiques culturales, la disparition des prairies permanentes, des bocages, de tout ce qui opère une rétention des eaux et des sols. C’est aussi, relativement aux pratiques culturales parfois, les spéculations que l’on
met en place sur les terres nues, tout comme le fait que l’on ait de grandes parcelles sans intercalaire et sans séparation. Tout cela aévidemment des conséquences importantes. Des moyens sont mis pour pallier l’urgence, mais je pense, de plus en plus, qu’il faut mettre en place des mesures préventives.

Je voulais dès lors vous interroger, Monsieur le Ministre, en tant que Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du territoire, sur ce qui est fait en matière d’aménagement du territoire parce que l’un des éléments possibles aussi de ses conséquences ou de l’existence de la gravité de ces épisodes, c’est l’urbanisation : on construit dans des zones avec aléas d’inondations, on bitume, on goudronne, on fait de la construction un peu à tout-va.

Quelles sont, Monsieur le Ministre, les actions que le Gouvernement peut mettre en place de manière à éviter ces épisodes importants?


M. Borsus
– Je m’en garderai totalement et, si je grignotais exagérément le temps, je vous invite à me prévenir dès la première minute passée. Madame la Députée, le Gouvernement, et son prédécesseur également, s’est mobilisé très fortement par rapport à cette question, à travers le plan PLUIES qui rassemble toute une série de mesures, d’initiatives, de décisions extrêmement concrètes visant à prévenir ces risques d’écoulement, de dégâts.

Je voudrais exprimer toute ma solidarité à l’égard des personnes concernées et aussi mon soutien aux services qui sont intervenus dans ces circonstances si difficiles. Parmi les mesures, l’on en retrouve bien sûr en aménagement du territoire. Vous savez que, depuis le CoDT, la cellule GISER est sollicitée régulièrement pour remettre son avis par rapport à des permis qui sont sollicités, lorsqu’il y a des aléas d’inondation. Plus de 140 communes ont pu bénéficier de l’intervention de la cellule que vous avez mentionnée.

D’autre part, on le sait, la carte des aléas d’inondation vient d’être actualisée par le Gouvernement de manière à bien coller aux observations qui sont réalisées sur le territoire.

En matière de bâti, je dois m’écarter de votre propos, probablement un peu exagéré. Lorsque l’on bétonne partout, l’on construit n’importe comment, etcetera. Je tiens à votre disposition les statistiques d’artificialisation et les extrêmes précautions que nous prenons, les fonctionnaires délégués, les autorités délibérantes de première instance, dans la délivrance et aussi, parfois, dans les refus d’un certain nombre de permis.

Ensuite, en ce qui concerne les pratiques agricoles, nous avons beaucoup investi, à la fois dans des couverts végétaux, dans des dispositions de nature environnementale qui permettent effectivement de retarder les écoulements d’eau, dans des pratiques culturales différentes. La PAC à venir comportera encore des mesures.

Les trombes d’eau ont été diluviennes malheureusement. Quelque pratique culture que ce soit, quelque autre bâti que ce soit n’aurait pu apporter une réponse complète à la circonstance rencontrée.


Mme Ryckmans – Je remercie le ministre pour sa réponse, qui montrent que l’on ne peut pas empêcher ces pluies torrentielles, comme vous l’avez rappelé. Elles ont été d’une ampleur, pas inédite, mais l’ampleur des eaux et des boues a vraiment surpris.

Par contre, pour éviter les conséquences désastreuses, des actions ont été lancées. C’est important que vous les ayez rappelées.

Il faut aussi une action concertée entre la Région et les différents ministres du Gouvernement et les communes puisque les communes ont aussi des leviers possibles, tant en matière de permis et d’aménagement du territoire et d’urbanisme, mais aussi en matière agricole et en matière de gestion des voiries, parce que l’on évoque aussi la difficulté de déboucher les avaloirs, notamment, et de gérer les lits des rivières qui sont de plus en plus encombrés, notamment par des plastiques.

Ce sont des éléments sur lesquels il faudra pouvoir agir et mettre des moyens importants, donner un cadre législatif et budgétaire pour atteindre l’intérêt général.


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