La lutte contre le harcelement dans les transports publics

Publié le 14/07/2020
Type : Question orale

Mme Ryckmans (Ecolo). - Monsieur le Ministre, le 28 mai dernier, le plan Angela a été lancé en France. Grâce à ce dispositif, qui a déjà été mis en œuvre dans différentes villes de France, les jeunes filles et les femmes harcelées dans la rue et qui se sentent en danger pourront notamment trouver refuge dans des bars et des restaurants partenaires en demandant simplement « où est Angela ? ». Il s'agit de créer un réseau de lieux sûrs sur tout le territoire et cette dynamique se lance en partenariat avec ONU Femmes et HeForShe, que l'on connaît surtout au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans ce plan Angela français, il est également question de généraliser le dispositif d'arrêt de bus à la demande qui, je le rappelle, vient du Canada.

En Belgique, selon une étude menée en 2017 auprès de 500 femmes en Wallonie et à Bruxelles, 98 % d'entre elles avaient déjà été victimes de harcèlement sexiste dans l'espace public. Seuls 3 % avaient déposé plainte.

Cette actualité m'a bien sûr rappelé la résolution wallonne n°357 de février 2018 sur la lutte contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun. Une série de demandes avait été faite au Gouvernement pour étudier le mécanisme de suivi légal en matière de harcèlement sexuel, mais aussi d'envisager avec le groupe TEC la mise en place d'une application smartphone permettant de rapporter les comportements de harcèlement sexuel. On avait l'attention attirée aussi bien sur les usagères que sur le personnel, puisque des agressions avaient eu lieu sur des conductrices de bus au moment où nous avions travaillé cette question-là.

L'application smartphone permettrait aussi de faire un appel d'urgence, de permettre une quantification du phénomène de harcèlement sexuel dans les transports en commun, parce que l'on a peu de données. Comme je le disais sur les chiffres généraux sur les plaintes, seuls 3 % de personnes déposent plainte.

Quand il y a, en plus, du harcèlement dans les bus, c'est une possibilité d'activer davantage et plus rapidement une application. Le fait d'être harcelé et d'être victime de ces mains baladeuses, frottements et autres, ou agressions, en particulier quand on est peu nombreux dans un bus, cela peut susciter des craintes.

Il était aussi question d'assurer une publication des données – c'est important pour quantifier le phénomène – ainsi que d'intégrer, dans la formation initiale et continue du personnel de la SRWT, un module relatif au phénomène du harcèlement sexuel et à la manière d'y réagir, aux signes d'attention que l'on doit y porter, ou encore d'étudier l'intérêt de mettre en place un système d'arrêt à la demande qui se fait à hauteur du feu ou à hauteur d'un endroit sur le trajet. Il n'est pas question d'aller conduire la personne chez elle, mais que celle-ci puisse demander à un moment précis de sortir du bus, même si ce n'est pas un arrêt, à cause de ce risque de violence ou cette insécurité dans laquelle la personne se trouve.

Je n'ai pas repris tous les éléments qui étaient dans les demandes au Gouvernement, mais je suis sûre que vous vous souvenez de ces demandes puisque vous étiez à ma place quand la question a été abordée.

Où en est l'OTW par rapport à cette thématique ?

Des données récentes ont-elles pu être collectées ? Si oui, qu'en est-il des taux de prévalence réels ? Qui y est exposé ? Si vous avez des données, avez-vous une idée du profil des personnes victimes : leur âge, les circuits ou les heures auxquelles ces agressions auraient lieu ? Est-ce plus le week-end ou plus en semaine ? Est-ce effectivement plus la nuit ou pas ? Quelle représentation véhiculent ces incidents ?

Des mécanismes ont-ils été mis en place afin d'assurer une meilleure sécurité pour les usagères et pour les membres du personnel féminin par rapport au harcèlement sexuel ?

Le projet d'arrêt à la demande a-t-il progressé ?

L'expertise des associations de terrain, qui travaillent sur ce dossier depuis de longues années, a-t-elle été mise à profit ? Je pense par exemple à « Touche pas à ma pote » ou à l'ASBL Garance, ou encore le plan SACHA qui avait été mis en place dans le cadre des festivals et que vous connaissez certainement.

En janvier dernier, Mme Morreale, ministre des Droits des femmes, a été interrogée sur cette question. Elle a expliqué que vous aviez déjà eu l'occasion de vous concerter ; c'est déjà une bonne chose. Suite à cela, vous avez notamment lancé l'initiative d'une campagne spécifique au TEC en contactant l'OTW pour libérer de l'espace publicitaire à cette fin. Si c'est un premier pas dans la bonne direction, au vu du travail à accomplir et de l'ampleur de la problématique, il ne peut s'agir, à mon sens, que d'un premier pas devant beaucoup d'autres qu'il reste à faire.

J'aimerais vous entendre et savoir comment vous intégrez cette question dans votre plan Genres ou dans les cibles en matière d'égalité de genres.


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